Même si l'Internet existe depuis maintenant plus de 40 ans, l'industrie du nommage reste jeune. Ce n'est en fait que depuis la fin des années 1990 qu'une véritable activité commerciale s'est construite autour du nom de domaine.
Ainsi le secteur est en mouvement perpétuel. Toute la "chaîne du nommage" - du particulier propriétaire d'un nom à l'ICANN en passant par les registres, les registrars ou encore les domainers - doit s'adapter à un environnement en mutation constante.
En coulisses, les professionnels du nommage ne se ménagent pas pour y faire face, et pour faire évoluer leur industrie. C'est un aspect souvent méconnu du grand public. Il suffit d'assister aux réunions internationales du secteur, comme celle de l'ICANN par exemple (l'accès et gratuit et c'est ouvert à tous), pour y voir un niveau d'implication très élevé du "milieu".
Bien sûr, ce ne sont pas tous les acteurs du secteur qui souhaitent s'investir de la sorte. Ou qui le peuvent. Disons que cela requiert des moyens, et une certaine maturité professionnelle. Rien que les réunions ICANN par exemple, qui sont au nombre de trois par an et organisées partout dans le monde (la prochaine est en Inde en février) représentent un effort conséquent. Certes financier, mais également organisationnel. Si j'utilise le mot maturité, c'est dans ce sens. Pour faire référence à une certaine taille de structure, à un certain niveau d'assise. Il est évident qu'une petite structure a moins de facilité à déployer une partie de son énergie à ce type de processus et préfère focaliser ses moyens financiers et humains à 100% sur son fonctionnement quotidien.
Malgré les efforts que cela demande, je pense quand même que les professionnels qui vont au-delà de leur quotidien y gagnent beaucoup. Un exemple : la <i>Registrar Constituency</i> (RC) dont INDOM est membre. Il s'agit d'un groupe ouvert uniquement aux registrars accrédités ICANN. Officiellement reconnu par l'ICANN, ce groupe est donc intégré à son fonctionnement. Ainsi à chaque réunion ICANN, une séance de discussion est organisée entre nous et le président du Conseil d'administration de l'ICANN. Plusieurs membres du Conseil y participent également à chaque fois, ainsi que Paul Twomey, le PDG de l'ICANN (pour le clin d'œil, à Los Angeles, cela a été pour la RC l'occasion de dire au-revoir à Vint Cerf en lui offrant un grand cru).
Le résultat : les registrars membres de la RC ont un moment privilégié d'accès direct aux dirigeants de l'ICANN. Pour leur faire entendre nos préoccupations, attirer leur attention sur les dossiers qui nous semblent importants… mais aussi en apprendre plus sur les problématiques auxquelles ils doivent eux-mêmes faire face et qui peuvent parfois expliquer pourquoi certains dossiers n'avancent pas aussi rapidement qu'on pourrait le souhaiter.
Le Domain Tasting par exemple, pas si simple à régler que cela en a l'air. Non, il ne suffit pas juste de l'interdire. Car dans ce cas comment les registrars vont-ils gérer les impayés (la période de grâce de 5 jours qui rend le Tasting possible est conçue pour ça à l'origine) ? Et quid des gens qui ont développé un business légitime autour du Tasting ? Le nommage ne s'est-il pas bâti sur un esprit de liberté d'entreprendre et d'essayer de nouvelles choses ? Heureusement que c'est cet esprit qui a souvent régné, plutôt que celui d'un régulation par le haut qui couperait court à tout nouvelle idée.
Sans parler de la possibilité, tout au long de l'année, d'échanger avec ceux qui font le même métier que nous de part le monde, rien que ce contact direct avec le Conseil rentabilise l'abonnement à mon avis. Abonnement ? Mais oui ! Etre membre de la RC, c'est payer un abonnement, c'est se déplacer aux réunions de l'ICANN, c'est communiquer sur nos méthodes et notre métier en dehors de ces réunions. Autant de frais qui viennent en sus des taxes que nous payons déjà à l'ICANN. Un engagement de plus qui explique peut-être que la RC ne compte qu'une soixantaine de membres sur le petit millier de registrars accrédités ICANN… Mais qui témoigne à mon sens d'une envie de structurer notre métier et de le faire avancer qui ne peut, au final, que servir nos clients.
Fléau pour les uns, opportunité commerciale ou financière pour les autres, le Domain Tasting est depuis quelques semaines la cible de tous.Google a tiré le premier, en envisageant de ne plus rémunérer les noms de domaine issus du Tasting. Une information
Tracked: Feb 04, 12:48