Saturday, April 26. 2008
Le journal anglais "Telegraph" révèle une histoire assez incroyable. Tout commence par la récente annonce, faite par le gouvernement espagnol du nouvellement réélu Jose Luis Zapatero, de la création de 4 nouveaux ministères. Problème, entre les services de presse et les services informatiques de ce gouvernement, la communication ne passe visiblement pas. Les noms de domaine de ces nouveaux ministères ne sont pas enregistrés par les autorités. Un particulier d'Alicante en profite donc pour s'en occuper. Voilà qui fait désordre, surtout quand le particulier en question se révèle être un bloggeur activiste qui rend public la "bévue" gouvernementale et indique que les noms de domaine des ministères sont pris en otages ! Pour rendre les noms, le bloggeur demande que de récentes mesures prises par le gouvernement pour approvisionner en eau la région catalane de Barcelone, actuellement victime de sècheresses, soient étendues à l'ensemble du pays. "Ces mesures font que tous les espagnols doivent payer pour que les catalans puissent boire," indique l'intéressé sur son blog (on rappelle que les passions régionales sont très fortes en Espagne). De source gouvernementale, des actions pour récupérer les noms seraient actuellement en cours. On peut supposer qu'il s'agit de procédures de résolution de litiges façon UDRP, à moins que des pressions soient exercées directement sur le registre espagnol… Et en attendant de récupérer ces noms, des domaines de substitution ont été réservés par les autorités pour permettre aux 4 ministères d'exister sur la toile.
Wednesday, April 23. 2008
A la lecture de ce titre, peut-être avez-vous pensé "mais ils en ont déjà une, le .CO.UK !"
Et bien eux ne semblent pas d'accord. Le 23 avril dernier, une pétition a en effet été lancée sur Internet pour, "convaincre l'ICANN de créer le .ENG". Et les auteurs de la pétition d'ajouter : "Depuis de longues années, l'identité Internet de l'Angleterre est représentée par le .CO.UK. Pourtant, les gallois et les écossais ont lancé des campagnes pour obtenir leurs propres extensions, les .CYM et .SCO. Nous pensons que les anglais devraient aussi avoir droit à leur propre extension afin de pouvoir montrer leur patriotisme sur Internet." L'ambition est de réunir environ 10 000 signatures pour pouvoir ensuite les envoyer à l'ICANN. Une idée séduisante, mais qui ne semble pas tenir compte des réalités du processus ICANN pour la création de nouvelles extensions. En effet, c'est dans le cadre d'appels à candidatures que l'ICANN autorise, ou non, de nouvelles extensions. Pour participer à ces appels (le prochain est maintenant attendu pour début 2009), il faut déjà avoir monté un dossier solide, comme le font les gens du .BERLIN ou du .PARIS, et pouvoir réunir un financement conséquent. Par ailleurs, lorsque l'on cherche à obtenir une extension à vocation nationale comme le .ENG, il vaut mieux également avoir le soutient des autorités ou du gouvernement. Bref, si la pétition pour le .ENG est certes une initiative dynamique, elle paraît avoir peu de chance d'aboutir seule. P.S. : Voici les liens vers les initiatives galloises et écossaises pour la création de leurs extensions.
Tuesday, April 22. 2008
Toujours dans la série des enchères emblématiques, le nom bond.com est actuellement en vente. L'enchère prendra fin dans deux jours et pour l'instant, le prix atteint est juste sous les 45 000 euros. Un prix manifestement décevant pour le propriétaire actuel du nom, une société nommée First Place et basée en Floride, puisque le prix de réserve en –dessous duquel le nom ne peut être vendu dépasserait les 600 000 euros. Bien entendu, le nom bond.com fait obligatoirement penser au plus célèbre agent secret de sa majesté, qui vient de subir une semaine difficile puisque sa belle Aston Martin a été réduite à l'état d'épave par le cascadeur qui la conduisait vers le lieu du tournage de son prochain film ! Mais rappelons que le mot "bond" veut aussi dire "lien" en Anglais, et dénote aussi une célèbre rue de Londres. Un mot à fort potentiel donc, mais sans doute moins intéressant commercialement qu'un pizza.com ou qu'un vodka.com.
Thursday, April 17. 2008
Le .SU, c'est l'extension de feu l'Union Soviétique. Pour ceux qui reviennent d'un long voyage, il s'agit bien de cette même Union Soviétique qui a cessé d'exister en 1992. Sa disparition a fort logiquement amené l'ISO à supprimer le code SU de sa liste. Et comme pour pouvoir être, une extension nationale doit obligatoirement figurer dans la liste officielle ISO, le .SU a été condamné par l'ICANN. Comme elle l'a fait pour les pays issus de l'ex-Yougoslavie en remplaçant le TLD .YU par les .RS (Serbie) et .ME (Monténégro), l'ICANN a décrété la suppression du .SU et son remplacement par les .RU (Russie), .BY (Biélorussie) ou encore le .UA (Ukraine). Dans la cas de l'ex-Yougoslavie, tout c'est bien passé. Les acteurs locaux ont joué le jeu. Le .RS est d'ores et déjà fonctionnel (INDOM a déjà enregistré plusieurs .RS pour ses clients) et le .ME ne va pas tarder à être lancé. Problème, les Russes se montrent nettement moins coopératifs. En clair, ils refusent tout simplement de lâcher le .SU !
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Tuesday, April 15. 2008
Suivre les enchères de noms de domaine devient de plus en plus fascinant. Après la vente récente de pizza.com, voici un nouveau nom qui devrait atteindre des sommes assez fantastiques. Dollars.com est actuellement en vente dans le cadre d'une enchère qui se déroule… en euros ! Ca c'est pour le clin d'œil, mais cette vente est tout ce qu'il y a de sérieuse puisque le nom a déjà attend les 750 000 euros. Et l'enchère ne se termine que le 18 avril…
Thursday, April 10. 2008
L'ICANN vient de publier le programme de la semaine de la réunion de Paris, en juin. Un programme légèrement inhabituel pour une réunion ICANN et manifestement prévu pour toujours plus d'ouverture vers ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement de l'organisme. Première nouveauté : comme je l'avais révélé ici-même, la réunion sera écourtée d'une journée. La traditionnelle réunion du Conseil de l'ICANN clôturant la semaine le vendredi est donc avancée au jeudi. Le semaine ICANN Paris commencera donc le dimanche 22 juin par quelques réunions qui n'intéresseront pas la grande majorité des participants, d'abord parce qu'elles ne leur seront pas ouvertes et ensuite parce qu'elle relèvent exclusivement des fonctionnements internes de l'ICANN. Les choses sérieuses commenceront le lundi, avec la "cérémonie d'accueil" (Welcome Ceremony) permettant une présentation officielle de l'ICANN. Le programme prendra ensuite son rythme de croisière avec ateliers et plénières autour des sujets phares du moment. Autre nouveauté, certaines réunions seront plus spécifiquement orientées vers les acteurs commerciaux et identifiées par la rubrique "Business Access Agenda". Bonne nouvelle, les grandes questions qui se posent actuellement à l'ICANN auront toutes une place bien déterminée, avec des ateliers sur les nouvelles extensions, les IDN, le WHOIS et l'IPV6.
Wednesday, April 9. 2008
On parle beaucoup de ces éventuelles nouvelles catégories d'extensions de premier niveau (TLD pour "Top Level Domain") qui pourraient être créées. Avec la récente réunion "d'ouverture" organisée par l'ICANN à Dubaï, la presse locale a d'ailleurs sous-entendu qu'une extension tel qu'un .ARABIE (j'ai volontairement francisé le nom, car si de telles extensions venaient à être créées, elles pourraient finalement ne pas du tout "affublée" d'un nom anglo-saxon mais plutôt directement écrites en script local) ou un .ARABE pourrait sortir. J'ai par ailleurs entendu parlé de projets de TLD "linguistiques" comme un .RUSSE, un .CHINOIS ou un .GRECQUE. On reste là dans le principe de renforcer la "couleur locale" d'Internet. Mais c'est également un moyen de pousser deux des dossiers chauds qui occupent l'ICANN depuis maintenant longtemps : les IDN et le lancement de nouvelles extensions. On pourrait ainsi faire d'une pierre deux coups : on autorise de nouvelles extensions et on lance des extensions en IDN. Alors les verra-t-on bientôt ces nouvelles extensions ? Pour l'instant, les seuls projets concrets connus portent sur des "City TLD" ou "extensions urbaines" comme le .BERLIN et le .PARIS. Mais en interne, personne à l'ICANN n'envisage le déclenchement d'un processus officiel de création de nouvelles extensions avant 2009…
Saturday, April 5. 2008
Lors de sa réunion du 27 mars dernier, le Conseil d'administration de l'ICANN a fait le point sur les réunions internationales organisées 3 fois par an par l'association. Ces dernières lui coûtent manifestement trop cher, puisque le vice-président Paul Levins a informé le Conseil d'un projet d'en réduire le nombre. De 3 par an, on passerait à 2. Pourquoi un plan de rigueur ? Depuis la fin de l'an dernier, et la réunion de Los Angeles que l'ICANN a dû organiser elle-même après que le pays hôte initialement prévu ait fait défaut, l'association se voit obligée d'assumer une part de plus en plus grande du budget global d'organisation de ses réunions. C'est en quelque sorte la mauvaise rançon du succès. Ces réunions n'ont jamais attiré autant de monde. Celle de Paris devrait même battre tous les records d'affluence en frôlant (voir en dépassant) les 1 500 participants. Un fardeau devenu trop lourd pour les seuls hôtes locaux… et en passe de le devenir également pour l'ICANN. Paul Levins a indiqué que si la décision de migrer vers un format 2 réunions annuelles était prise, une période de transition serait à entamer à partir de juin prochain. Il a par ailleurs donné des chiffres sur les budgets des deux réunions les plus récentes. New Delhi aura finalement coûté $1,7 millions (près de 1,1 millions d'euro) et le budget actuel de Paris serait déjà de $1,54 millions (presque 1 million d'euro).
Friday, April 4. 2008
Depuis quelques jours, l'enchère en cours sur le nom pizza.com a été très suivie. Surtout depuis qu'elle est passée au-dessus de la barre des 2 millions de dollars US.
Cette enchère s'est terminée hier. Le prix final : 2,6 millions US ! L'heureux vendeur se nomme Christopher Clark, un ressortissant du Maryland, qui a été interviewé par le journal Baltimore Sun. Il a expliqué avoir acheté le nom en 1994 (le 17 juillet d'après l'actuel fiche WHOIS) dans le but de convaincre une société de pizza locale de confier à sa propre société un contrat de consulting. Clark a revendu sa société en 2000, mais a gardé le nom. Voilà une décision qu'il ne doit pas regretter !
Thursday, April 3. 2008
Est-il possible d'imaginer la gestion de notre extension nationale confiée, par notre propre gouvernement, à des entités étrangères ? A priori, dans une France qui sait garder la main sur ses intérêts nationaux, c'est peu probable. Pourtant, dans une logique platement commerciale, cela devrait être possible. Après tout, si l'étranger en question est le plus qualifié...
Et justement, l'Etat français devrait bientôt lancer un appel d'offre sur la gestion du .FR. On le sait depuis ce 8 février 2007, moment fort pour notre secteur, où l'Etat a reconnu l'industrie du nommage à travers un décret (daté du 6 février 2007 et publié au JO deux jours après), portant sur "l'attribution et la gestion des noms de domaine de l'internet et modifiant le code des postes et des communications électroniques." Un texte qui offrait un vrai cadre juridique à notre profession. Et qui instaurait également le principe d'un appel d'offre pour le registre du .FR. Beaucoup pensent que le gestionnaire historique, l'AFNIC, serait favorisé dans pareil processus (j'utilise le conditionnel car il n'existe à présent aucun calendrier concret pour la mise en place de cet appel d'offre). Mais il paraît quand même difficile d'ouvrir un appel d'offre de ce type, et ensuite de ne pas jauger équitablement les postulants. Et postulants il risque d'y avoir. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement du côté de nos voisins danois pour le confirmer.
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