Monday, September 29. 2008
En juin dernier, la réunion ICANN de Paris s'est révélée exceptionnelle à plus d'un titre. Records d'affluence et de nombre de sponsors, des retombées presse très fortes notamment grâce à l'annonce de la libéralisation des extensions… et un agenda inhabituel courant sur 4 jours au lieu de 5. Pour le Caire, on semble revenir au "business as usual". L'agenda de la 33e réunion internationale de l'ICANN permet de confirmer un retour à un mode d'organisation plus traditionnel avec une réunion prévue sur 5 jours, le vendredi matin étant réservé au Conseil d'administration. L'expérience menée à Paris et visant à permettre de réduire les coûts pour tous en condensant le programme sur seulement 4 jours n'est donc pas reconduite. Pourquoi ? J'ai entendu dire que les membres du Conseil étaient épuisés après Paris... Ajouter une journée au planning devrait donc leur permettre de souffler un peu. Mais pas trop. Car les sujets chauds ne manqueront pas au Caire. A ce titre, je remarque un atelier programmé le lundi 3 novembre à 11h15 et intitulé "comprendre le projet d'appel à candidature pour les nouveaux gTLDs". L'ICANN serait donc d'ores et déjà certain de sortir ce projet à temps pour la réunion du Caire, comme cela est prévu ? Si oui, c'est une excellente nouvelle pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les critères de candidature, que ce document devrait expliquer dans le détail.
Wednesday, September 24. 2008
Une nouvelle histoire de saisie par la justice américaine de noms de domaine inquiète au sein de la Registrar Constituency (le collège des registrars) de l'ICANN, où l'un des membres a tiré la sonnette d'alarme sur un ordonnance judiciaire délivrée le 18 septembre par un tribunal du Kentucky et demandant le transfert de 141 noms de domaine (tous des .COM) vers un compte public du Kentucky. Les noms seraient utilisés pour promouvoir des activités de jeu en ligne, ce qui est illégal dans l'état du Kentucky.
22 registrars sont concernés. Il y a des registrars américains bien sûr, mais plusieurs ne le sont pas. Parmi ces derniers, certains ont déjà indiqué qu'ils ne s'estiment pas soumis aux injonctions d'un état américain et qu'ils vont faire la sourde oreille. Pour les registrars américains, cette stratégie est certainement très risquée, même si aucun n'est domicilié dans le Kentucky. D'ailleurs, au moins un de ces registrars a déjà procédé au transfert des noms qu'il gère. La crainte logique de la Registrar Constituency, qui est l'entité officielle de représentation des registrars au sein de l'ICANN (INDOM en est membre), est de voir ce type d'ordonnance judiciaire utilisé de plus en plus souvent, et avec peu de discernement, si celle du Kentucky abouti. Au-delà, il convient également de se poser la question du véritable cadre juridique des noms de domaine utilisés pour des activités qui peuvent être légales dans un pays, voir même un état, mais pas dans les autres. Peut-on imaginer des .COM enregistrés par un chinois chez un registrar américain et utilisés pour vendre des objets Nazi, confisqués par un tribunal français ? La réponse est certainement positive, mais dans un tél cas, le registrar en question obéirait-il ?
Tuesday, September 23. 2008
Les trois lettres EPP ne vous disent peut-être pas grand-chose. L' Extensible Provisioning Protocol est pourtant très important pour les registrars comme INDOM puisqu'il permet d'harmoniser les interfaces techniques pour se connecter aux registres.
Utilisé sur de plus en plus d'extensions, l'EPP permet d'automatiser les principales fonctions de gestion d'un nom de domaine et donc de rendre un service plus fiable et mieux sécurisé aux propriétaires de noms. Bonne nouvelle pour le .FR, son registre l'AFNIC est en train d'implémenter l'EPP. L'extension française, historiquement très complexe à gérer du fait de ses règles d'enregistrement contraignantes et d'un système d'enregistrement archaïque, devrait donc devenir plus moderne. La date de mise en place prévue pour l'EPP sur le .FR est le 30 mars 2009.
Sunday, September 21. 2008
Une histoire fait scandale outre-Atlantique. Un groupe s'est spécialisé dans les faux anti-virus. Ils infectent les ordinateurs de leurs victimes à l'aide de logiciels espions déguisés en "Codec", les fichiers nécessaires au décodage et à la lecture de vidéos ou de musiques.
Le groupe de pirates en question – kilkvip.com – a monté une véritable industrie. Leur stratégie passe par la vente en masse de noms de domaine. Ainsi ont-il monté plusieurs registrars, qui vendent directement au public. Des registrars qui sont en fait des revendeurs. Ils ne sont pas directement accrédités par l'ICANN mais passent eux-mêmes par un registrar ICANN – Directi – pour enregistrer leur noms. La presse américaine fustige ces registrars pirates. Un amalgame issu d'une méconnaissance manifeste du système de commercialisation des noms de domaine. Car vu le nombre de plaintes reçues à propos des noms klikvip.com (l'un des sites de revente de noms de domaine lancé par les pirates a enregistré environ 100 000 noms en deux ans – mais la moitié ont déjà été inactivés par Directi suite aux plaintes d'utilisateurs victimes du piratage de klikvip.com), s'il s'agissait d'un registrar accrédité l'ICANN l'aurait certainement déjà suspendu.
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Tuesday, September 16. 2008
Enfin pas tout à fait. Il s'agit en fait de deux noms de domaine liés à la faillite de la célèbre banque d'affaire Lehman Brothers qui sont actuellement proposés à la vente sur eBay USA.
Comme souvent, la tentation est donc grande pour certains de profiter des malheurs des autres. Je doute que les employés de Lehman, qui viennent de tout perdre (non seulement leurs boulots, mais probablement également leurs économies puisque ces dernières étaient souvent placées en actions de la banque) trouvent l'annonce eBay pour vendre lehmanbankruptcy.com et lehmanbrothersbankruptcy.com de très bon goût. Le vendeur en espère 5 000 USD. "Imaginez un peu le trafic que peuvent générer ces noms," dit-il sur son annonce. "On parle de mots qui pourraient compter parmi les plus recherchés sur Internet en 2008." La vente commence avec un premier prix de 250 USD et dure jusqu'au 21 septembre. Pour l'instant, les noms n'ont généré aucune enchère.
Thursday, September 11. 2008
Et dire que certains prétendent encore que l'ICANN n'est pas une organisation transparente, alors même que le régulateur va jusqu'à mettre en ligne sa liasse fiscale !
Bon d'accord, l'ICANN n'a pas le choix en fait (c'est une obligation légale aux USA de rendre ces informations publiques lorsqu'on est "not for profit", c'est-à-dire à but non lucratif). Reste que les 54 pages de ce qui s'apparente à un bilan comptable sont très intéressantes. Merci à Elisabeth Porteneuve et ses yeux d'aigle pour avoir trouvé ce document caché dans les tréfonds du site de l'ICANN. Vous y verrez par exemple que l'ICANN a payé 2 324 783 USD de salaires en 2007, uniquement sur les postes de direction ainsi que les "employés clefs". Le reste de la masse salariale a coûté 6 719 466 USD. Les frais juridiques, un poste conséquent pour le régulateur de l'Internet qui doit souvent faire face à des procès, se sont élevés à 1 055 146 USD. Une somme qui apparaît comme presque bon marché par rapport aux 5 396 378 de frais de voyages, auxquels se sont ajoutés 623 867 USD de frais d'organisation de conférences et réunions. Et parmi de nombreuses autres perles d'information, vous découvrirez en page 10 de ce document le nom des 5 employés (hors direction) les mieux payés de l'ICANN. Des salaires sans aucun doute largement mérités, puisque ces 5 personnes sont listées comme travaillant en moyenne 60 heures par semaine ! Je suis peut-être dans les noms de domaine depuis trop longtemps J mais je trouve que ces 54 pages font une lecture de week-end fascinante…
Tuesday, September 9. 2008
Telnic, le registre du .TEL, compte bien faire parler de son extension. Cette dernière ouvre au grand public en 2009 et le registre a tout à gagner à marteler les avantages du concept inédit d'une extension qui ambitionne de devenir l'annuaire interactif de l'Internet.
Ainsi ont-il participé à une conférence technologique à San Diego cette semaine. L'occasion de multiplier les interviews et les contacts avec la presse généraliste, celle qui portera le mieux un message dénué du jargon ésotérique des noms de domaine. Résultats, des articles dans des journaux de renommée comme le Financial Times, qui donnent une visibilité plus grande au .TEL et devraient renforcer son succès à partir du 24 mars 2009, date de son ouverture générale.
Monday, September 1. 2008
Parfois, on est quand même obligé de se demander dans quel monde on vit. Trois ans après Katrina, la Nouvelle Orléans s'apprête à affronter Gustav, un ouragan annoncé comme encore plus dangereux.
Il faut donc malheureusement s'attendre à de nouvelles images de désolation en provenance des Etats-Unis. Mais certains voient dans cette tragédie annoncée l'occasion de profiter du malheur des autres. Ainsi les autorités américaines ont-elles remarqué des enregistrements de noms de domaine liés à Gustav ces derniers jours. Elles redoutent de voir ces noms utilisés dans des arnaques. De faux organismes de soutient aux victimes de l'ouragan par exemple, ou du phishing… Les services d'état de la Louisiane ont même tiré la sonnette d'alarme autour d'une campagne de spam déjà en cours et demandant aux gens de "confirmer" leurs coordonnées bancaires en préparation de l'arrivée de Gustav. On croit rêver ! Pendant que les uns se préparent à revivre l'enfer, d'autres travaillent pour les aider à y plonger. Il y a quand même un côté positif à tout ça. Les noms de domaine sont maintenant suffisamment rentrés dans les mœurs pour que des tentatives d'arnaques aussi grossières soient vite identifiées. Espérons donc que plus personne ne se fasse berner.
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