J'ai déjà parlé sur ce blog du GNSO, le Generic Names Supporting Organization. Cette structure est une pièce fondamentale dans le fonctionnement de l'ICANN. Elle regroupe les collèges de ceux qui dans le jargon icannien sont surnommés les "contractants" (les registrars et les registres) et les "non-contractants" (les utilisateurs). Il y a donc le collège des registrars, dont INDOM fait partie (Registrar Constituency), celui des registres, de la communauté "business", des FAI, de la PI et des utilisateurs non commerciaux.
En tant que structure de soutient au Conseil d'administration de l'ICANN (Supporting Organization), le GNSO a le pouvoir de proposer de nouvelles politiques à ce dernier. Ainsi, c'est par le biais de ce processus de "développement de nouvelles politiques" (ou PDP pour Policy Development Process) que le projet de création des nouvelles extensions a été élaboré. Lorsque le Conseil d'administration de l'ICANN a donné son feu vert au lancement de ce projet en juin dernier à Paris, il a en fait voté "pour" la proposition qui lui avait été soumise par le Conseil du GNSO.
En effet, le GNSO est géré par un Conseil de 21 membres. Chacun des 6 collèges du GNSO doit élire trois représentants pour siéger au Conseil du GNSO. Ces représentants sont élus pour un mandat de 2 ans. En ce qui concerne le collège des registrars, les représentants sont choisis en fonction de leurs régions géographiques : Amérique du Nord, Asie Pacifique et Europe.
Le mandat de l'actuel Conseiller européen, l'allemand Tom Keller, arrive à expiration après la réunion du Caire. Hier soir, le collège des registrars ICANN m'a élu pour le remplacer. C'est, je crois, la première fois qu'un français est élu au Conseil du GNSO par les registrars. Et c'est une sacrée responsabilité.
Je prendrai mes fonctions après la réunion du Caire, au moment où le GNSO est en train d'évoluer en profondeur (sa structure devrait bientôt être modifiée afin de mieux séparer les contractants des non-contractants). L'ICANN est aussi en train d'évoluer (vers plus d'indépendance vis-à-vis du gouvernement américain ?). Et l'Internet lui-même est à l'aube d'une révolution possible (les nouvelles extensions ont le potentiel de modifier en profondeur notre utilisation du Web).
Le GNSO est donc au cœur des évolutions majeurs des années à venir en ce qui concerne le nommage sur Internet.